Gwendreams : le blog

lundi 26 avril 2010

la culture ... ça se mange bien sûr !

Vivre au Québec comporte quelques nécessaires ajustements dans une vie. Ainsi, au congélateur une truite à peine évidée voisine avec la crème glacée et quelques morceaux d'orignal.
Avant que de déménager et de s'installer dans une grande maison blanche toute en bois, il faut songer à épuiser les réserves des dernières saisons ... Oubliées les fraises et les framboises de l'été passé, elles ont servi à égayer l'hiver et ne sont plus qu'un souvenir qui s'estompe.

Un simple ragout d'orignal, mais ça mérite mieux, faute de canneberges tendres acides, arrosons-le de sirop d'érable, et voici la viande croustillante dans un caramel incomparable.

Oh my dear, encore un peu et on trouverait de la jelly dans ma cuisine, ou du jello, comme on l'appelle ... de ce coté de l'océan !

samedi 17 avril 2010

kaléidoscope d'émotions

Un concert de jazz expérimental ce soir. Sur scène, 12 musiciens : des cuivres, surtout, et un bouquet de bonne humeur.
La salle est intime, petites tables pour le public, un éclairage dans les rouges et noirs.
Les créations originales sont un mélange hétéroclite qui abrite des pépites.
Je suis transparente et la musique m'envahit, me déborde. Le temps disparait, un sourire qui en rappelle un autre et les larmes me montent aux yeux de nostalgie; la ligne d'une machoire, le pli d'un sourire et je suis de nouveau à Paris avec un autre musicien, je l'entends me parler d'art; la musique change et j'entre enfin dans le film d'autrefois, montant les escaliers marche après marche, le souffle court du trombone grave et les lions tournent en rond dans la fosse.
Muette, les mots ne peuvent plus resurgir qu'à plat, sans la densité ni le volume.
Les notes ont un écho.

dimanche 4 avril 2010

de l'eau d'érable à la source

Un jour d'avril, intermède chaud dans le lent dégel du printemps.
Sainte Rose du Nord, le sentier sous les bottes d'hiver encore est boueux. Les torrents charrient la neige redevenue eau, les plaques de glace cèdent sous les pas.
Le long du sentier les arbres sont percés et dans les seaux coule la sève transparente et sucrée.
Quelques mètres à dévaler puis les galets qui roulent sur la berge et au milieu de la crique la fureur d'une cascade grossie par les ruisseaux improvisés.
Le long du fjord une plage de sable chauffée par les premiers rayons chauds. Des humains étendus là entre les blocs de glace rescapés de la fonte, comme des phoques sur la banquise, heureux.

lundi 8 mars 2010

Hommage au grand cinéma espagnol

C'est une salle vieillotte. Sur les sièges de velours rouges se posent inconfortablement des corps usés.
L'image d'abord n'est pas bien dimensionnée puis le film arrive.

Alors disparait la réalité qui laisse place à la magie d'Almodovar.
Un tourbillon d'images, de couleurs et de musique vient emporter le spectateur consentant. La beauté des corps, le charme des voix, la folie quotidienne dévoilée dans toute sa douceur. Le temps d'une pellicule chacun est libéré de soi, heureux d'entrer par la fenêtre chez un autre ou une autre.

Quoi de plus envoutant qu'un film du maitre sur le cinéma ?

samedi 6 mars 2010

L'individu dans la masse

Quand on prend deux rendez-vous dans un délai trop court, il est assez raisonnable de s'attendre à ne pas pouvoir honorer l'un des deux.

C'est de cette manière que j'ai lamentablement manqué le début de la course des Pichous. Cependant, comme je sais être obstinée, je me présente tout de même sur les lieux bien en retard. Les organisateurs, sans doute parce que le cas de figure n'avait pas été envisagé, m'ont malgré tout munie d'un dossard et me voila partie, une vingtaine de minutes derrière les premiers marcheurs.

Le principal inconvénient de partir en retard, c'est que nul ne vous montre plus le chemin. Fidèle à moi-même, je suis donc fort bien égarée sur les boulevards péri-urbains. En trottinant lorsque j'ai la chance de rencontrer un semblant de trottoir.

Cinq minutes de profonde solitude plus tard, égayée seulement par le passage éclair de voitures peu compatissantes, ô miracle, j'aperçois plus loin un groupe de coureurs traversant la route. j'accélère l'allure sans les rattraper et les suis de loin. Las, ils font vite demi-tour et je poursuis mon chemin incertain.

La chance me sourit un peu plus tard lorsque je vois une voiture de police bloquer la bretelle d'accès d'une route. J'ai exactement trois kilomètres de retard sur les meneurs. Toujours joggant, je finis par rattraper les marcheurs les plus lents et remonte petit à petit la file.

De ce moment, la course n'est plus que soleil et grand bonheur, une ambiance de fête bon enfant régnant sur le parcours.

Après quinze kilomètres, je vois l'arrivée avec plaisir, et c'est là que tout rebascule de nouveau.

Passé la ligne, c'est un fouillis sans nom, rien n'est indiqué nulle part, comme pour mieux me rappeler que je ne suis qu'une étrangère. Tout le monde semble à l'aise et mon inconfort augmente d'autant. Après avoir été en retard, je suis maintenant perdue. De nouveau seule, mais cette fois dans la foule.

Je suis quelques personnes et finis par arriver dans une sale où c'est un exploit que de trouver un verre de quelque chose pour étancher ma soif. Bien sûr, lorsque je pose un instant mon verre pour venir en aide à une dame âgée, je me le fais voler.
Je me procure donc un verre vide et par miracle trouve une borne fontaine. Évidemment, je me fais insulter car je n'ai pas pris place dans la file d'accès à la borne fontaine du bon côté.
Qui a dit que le sport adoucit les moeurs ?

Esseulée, assoiffée, fatiguée, je décide alors de me renseigner sur le moyen de me rendre au lieu où sera servi le repas. On m'envoie à pied vers le haut de la ville. Le meilleur moyen sans doute de rajouter à ma fatigue et à ma soif. De plus, je soupçonne qu'il doit exister un bus pour couvrir cette distance et commence à couver un début de paranoïa.

Enfin servie et assise au milieu des gens, je nourris lentement mon estomac et ma solitude parmi la foule, personne ne vient me parler, les voisins de tablée m'ignorent.
Quel bon esprit !

Comme pour se faire pardonner, la chance tourne au moment même où je tourne moi-même en rond en recherche de la sortie et d'un moyen de regagner une solitude plus paisible. Je croise enfin quelques têtes connues, me fais inviter à une table et pour comble de retournement de situation, gagne in extrémis un prix de présence d'une valeur non négligeable.

Quand on parle des deux côtés d'une médaille, je n'ai pas obtenu de médaille mais j'ai le sentiment d'en avoir vu toutes les faces.

Conseils d'entretien.

Choisissez de préférence un samedi après-midi très ensoleillé, de préférence sans vent. Placez le sujet au Québec, par exemple dans le Saguenay. Garnissez-le de chaussures de course, recouvrez de plusieurs couches de vêtements de sport et déposez le tout au début d'un circuit un jour de course organisée.

Laissez le sujet suivre sa progression naturelle, ce qui peut inclure des interactions avec d'autres sujets pareillement apprêtés. Vous observerez que naturellement une partie des couches protectrices vont disparaitre et que votre sujet prendra simultanément une forme plus ferme et une jolie couleur dorée.

Après environ quinze kilomètres le sujet s'arrête spontanément. Il faut alors très rapidement l'arroser et le nourrir tout en le recouvrant de nouveau, afin d'éviter un effondrement peu esthétique. Retirez-le alors de l'espace public et laissez-le reposer dans un endroit tiède et calme.
Vous pourrez renouveler l'opération régulièrement pour conserver un sujet en bon état de marche.

dimanche 28 février 2010

finale olympique

A Rome, vivons comme les Romains.
Comment mieux décrire ma situation actuelle ?

De ce jour de clôture des jeux olympiques d'hiver de Toronto, il sera dit plus tard que 26 millions de canadiens (sur un total de 33) ont suivi le mach de hockey Canada États-Unis.

Je ne peux faire exception, aussi je sors du bois où j'ai élu domicile pour le week-end. Plus exactement, je sors du chalet, enfourche la motoneige, rejoins le pick-up, suis la route qui longe la rivière en contrebas. Plusieurs kilomètres plus loin, passé la zone de forêt brûlée par le feu il y a de ça de nombreux étés, se trouve un établissement commercial.

L'endroit est perdu, loin de toute civilisation, et tient du glauque autant que du pittoresque. Le patron qui est petit, un peu gras et luisant, semble s'intéresser à parts égales au sexe et à l'argent. Au dessus de sa tête le poste est allumé et le match va commencer.

La salle commune, sombre caverne éclairée d'une fenêtre dérisoire, est décorée d'animaux empaillés de toutes sortes qui montrent leurs dents aux ampoules nues. Sur le bar viennent se poser des bières devant la poignée de clients de ce bout du monde. L'ambiance est grasse et collante, le match décolle difficilement.

Je viens d'atteindre mon quota de pittoresque pour toute une année. Allez ouste, on sera mieux dehors, tant pis s'il faut attendre demain pour connaitre l'issue du match. Vite un peu de neige pour effacer le côté sombre de l'humanité.

Je me demande si l'étrangère que je suis a été comptabilisée dans les statistiques de côte d'écoute ce jour-là ?

samedi 20 février 2010

avec les loups

Un samedi de février.
La route enneigée, le vent qui souffle sur les terres immenses comme un enfant sur le sucre du gâteau. La route droite, infinie, dans le Nord.
Quelques hameaux comme oubliés là par la civilisation.

Encore plus loin, juste un panneau au bord de la route dans les vallons.

Les loups.
Des loups gris d'Amérique, des loups blancs de l'Arctique.
En semi-liberté, vigilants derrière les bosquets de feuillus et de résineux.
L'alpha se montre, vient nous défier, impose les limites.

Parfois un jeune se devine au loin, au trot allongé qui s'éloigne.
Dans le silence entrecoupé des appels de corbeaux, quelques rafales de vent.

Aller plus loin dans le Nord sauvage, cela reviendrait à se perdre peut-être.
L'adieu aux loups.

Membres

Qui êtes-vous ?

Ma photo
Nomade globale, un kaléidoscope de paysages et de sensations en permanence en mouvement dans ma tête.
compteur pour blog