dimanche 26 juillet 2009

Acide formique dominical

Parfois, à certaines époques de ma vie, je déteste les dimanches. Bien évidemment, c'est surtout lorsque je ne dois pas me rendre le lundi à un travail que je n'aime pas. Surtout aussi lorsqu'il pleut, que je suis célibataire et que trop de sorties m'ont privée de toute énergie.

On dirait qu'aujourd'hui est un exemple parfait. Un de ces jours ou le monde semble vide, dépourvu de vie. Un de ces jours ou même internet semble avancer au ralenti, sans message, sans relief. Bien entendu les vacances n'arrangent rien et c'est à peine s'il passe une ou deux voitures par heure dans la rue.

C'est en prévision de journées pareilles que je prévois quelques produits de première nécessité : une table à bonbons bien remplie - bonbons étant un terme générique incluant évidemment le chocolat, au lait et éclats de noisettes de préférence - deux ou trois livres en cas d'envie de grasse matinée - ou journée - sous la couette avec un chocolat chaud, quelques films romantiques pour me permettre de me lamenter sur l'absence d'un amoureux d'autant plus parfait qu'il est absent, ou sur l'absence d'enfants dont il est facile de ne pas imaginer qu'ils me priveraient cruellement de sommeil et de silence ...

Normalement le kit de secours inclut également un chat, pour la capacité de cet animal à exiger un minimum d'action, pour la douceur de sa fourrure et pour sa tendance à réorganiser l'espace à sa convenance - par exemple, transformer un lit king size en plusieurs espaces de sommeil
discontinus pour un humain .
Ces jours-ci le projet chat est bien au chaud dans les tiroirs, tout prêt à être sorti en cas de grande urgence - par exemple un dimanche enneigé de juillet, ou encore une semaine à deux dimanches.

Ce dimanche, quoi qu'il en soit, je dois une fois de plus me contenter d'une fourmi.
Et quelle fourmi ! Martin a l'air de fort mauvaise humeur et me fait bien sentir qu'il est très inconsidéré de ma part de laver la vaisselle et le plan de travail, espaces que , de toute évidence, il considère désormais comme son territoire privé.
Je sais bien qu'il prend un peu trop de liberté avec notre cohabitation, mais un dimanche pareil, je n'ai certainement par le courage d'initier la mise aux point et l'inévitable dispute qui s'ensuivrait. Je réclame au moins la paix dans mon foyer.

La pluie redouble de vigueur, vient frapper les carreaux, tandis que le vent hurle dans les arbres autour de la maison. On dirait que les éléments tiennent absolument à m'assurer de leur sympathie et de leur volonté de collaborer pleinement. Car enfin, c'est évident que j'aurais bien mauvaise grâce à ainsi critiquer le jour du seigneur sous un soleil ardent dans un ciel d'azur. Qu'on me préserve d'une pareille calamité !

Comme pour souligner la justesse de mes propos, le tonnerre se fait entendre, et les éclairs viennent lacérer la nuit.

J'aime quand le monde est ainsi un modèle d'harmonie et d'équilibre.

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