jeudi 27 août 2009

rencontre piquante

Un jour d'anniversaire, pas question de travailler (enfin ca tombe bien, c'est surtout le jour ou je n'ai pas de cours). Pas question non plus de rester à la maison (quoique j'en ai rêvé aussi).

Donc une visite à faire à Chicoutimi et hop, la route. Celle qui longe le fjord par le Sud, celle du Nord je connais, elle est magnifique mais là, je me sens plutôt l'âme à explorer. Au programme, la petite ville de la Baie. Mais en fin de compte, c'est juste des maisons et un gros complexe portuaire, et je n'ai pas tellement envie de creuser à la recherche de la pépite, plutôt d'aller voir la baie suivante, et les autres ...

Sur la carte, il y a cette Rivière Éternité qui joue les sirènes. J'en ai entendu de vagues échos irrésistibles, je me laisse tenter. Joli ruban de route solitaire, un lac à gauche, un lac à droite, un hydravion jaune, une statue de la vierge, la forêt de son vert profond partout, ça tourne dans tous les sens, ça monte, ça descend, puis le parc commence sur la gauche, après la petite cahutte.

Tout de suite la ¨montagne¨, falaises abruptes et nues, belle roche grise, qui surplombe la route. Un peu avant le fjord, le parking, un sentier. Le ciel me crache dessus et je l'ignore. Sous-bois aux douces odeurs de fougères mouvantes, un tapis de champignons, de l'eau en abondance, sous toutes ses formes (sauf les plus froides).

En quelques heures j'ai rejoint le fjord et ses odeurs iodées de l'océan encore lointain, la montagne côtière. Les girolles se sont jetées dans mes jambes mais les bleuets se font rares, quelques branches de thé du Labrador embaument l'air. Le vent souffle par bourrasques puissantes au sommet de la falaise et la pluie se moque : de vilaines gouttes entrecoupées de rayons de soleil frais.

Chaque instant est à la gloire de la nature sauvage à peine égratignée par d'étroits sentiers ancestraux. Et dans la lumière crépusculaire du retour, un porc-épic surpris s'éloigne de sa démarche maladroite à travers la végétation haute.

samedi 22 août 2009

damn, encore manqué !

Aujourd'hui a failli sonner le glas de ma fidèle Intrépide (oui oui, c'est le doux nom de ma tendre monture ... je veux dire de ma charrette).

De retour d'Alma, la ville au bord du lac de ce côté-ci des eaux (et certainement réputée pour le nombre et la lenteur de ses feux rouges, quoique je m'avance peut-être sur une telle allégation), de retour d'Alma donc, m'approchant de la maison, les naseaux flairant déjà presque l'avoine (enfin vous comprendrez l'image), quelle surprise, je vois le truck de mon voisin, la barque dépassant à l'arrière, arriver d'un autre côté.
Je sais, vous pensez aussi qu'il s'agit là d'une de ces incroyables coincidences dont le quotidien est truffé, sans parfois que l'on songe toujours à s'en émerveiller.

Bref, pour revenir à mon canasson, je m'apprête à le garer sur son emplacement habituel, mais ne voilà t-il pas que le voisin qui me précède d'une bonne dizaine de secondes s'y stationne. A ma stupéfaction, bien entendu, car cela n'est point dans ses habitudes. Grande seigneure, je décide de lui passer cette fantaisie et de me satisfaire de sa place habituelle à la place (je prends donc sa place à la place de ma place, logique).
Mais ne voilà t-il pas qu'à peine installés, je vois la barque reculer vers moi pour se réinstaller dans ses pénates de toujours. A peine le temps de remettre le char sur mode reculon pour éviter l'accouplement contre nature truck des bois - vieux char. Le tout s'est joué en moins d'une minute, comme une chorégraphie mal réglée évitant le drame par le plus grand des hasards.


Enfin, l'histoire se finit bien, avec un voisin plus que secoué d'avoir failli m'écrabouiller sans s'en rendre compte et votre héroine assez fière de ses réflexes. Dans un sens, je le comprends, vol de stationnement, passe encore, mais destruction physique de relations de bon voisinage, ça va chercher loin devant le juge, je présume.

Avec un peu de chance, le rachat de sa bonne conscience prendra peut-etre la forme d'une truite ... c'est que des émotions pareilles, ça creuse l'appétit !

vendredi 21 août 2009

recyclage jusqu'à la corde


En marge de l'économie marchande, loin des magasins et de la mode, il y a les échanges, il y a le don. Et ce sont des moments précieux que ceux ou une amie, une voisine, une collègue, décide que je serais la nouvelle propriétaire rêvée (bon, d'accord, je force peut-être un peu le trait) d'une partie délaissée de sa garde robe.

Je garde en mémoire un échange de vêtements dans un appartement d'Istanbul, avec l'essayage et le rires qui vont avec, et j'y repense avec un cœur souriant chaque fois que je porte l'un de ces vêtements. L'un de ses vêtements, devrais-je dire plutôt ... Et quand, étourdie, je cherche encore dans ma penderie ce joli pantalon rouge que j'aimais tant, c'est désormais quelqu'une d'autre que je revois dedans.

En France depuis longtemps je sais les amies qui font ma taille, ma pointure, j'ai donné bien des fois, et tant reçu aussi dans ce ballet magique de la chaîne des dons, ou le donneur d'un jour est le destinataire le lendemain, avec de nouveaux partenaires de bals, et d'autres qui reviennent le temps d'une danse puis repartent. La roue tourne et tourne encore.

Cette année au chalet, le trio des amies, l'une qui donne, les deux autres qui essaient devant la glace, qui négocient les articles les plus jolis. Il y a des fou-rires et la pluie qui tombe inaperçue au dehors. Les essayages se poursuivent longtemps, certains habits ont une histoire qu'il faut entendre, d'autres par association d'idée font remonter à la surface des anecdotes. Les heures passent dans la joie, comme avant, enfant dans le grenier plein de trésors.

Chacun de ces moments est suivi de rencontres ou l'on se voit dans l'autre, ou l'autre se voit en nous. C'est un jeu de miroir vivant et émouvant, et si l'habit ne fait pas le moine, parfois, pourtant, il crée la confusion, dans l'ultime jeu du déguisement.

Qui a dit que les objets n'ont pas d'âmes ? Il me semble, à moi, que non seulement certains objets possèdent leur âme propre, mais emmènent également un peu de ceux qui les possèdent.

jeudi 20 août 2009

le camp du kilomètre 50


Loin dans le bois, à 50 kilomètres de toute civilisation, un camp s'installe sur un bout de terrain sablonneux. Des caravanes, tentes, roulottes et autres cahuttes se pressent autour de la cabane de l'acheteur de bleuets sauvages. Il y a des chiens, des enfants, des vélos abandonnés et même un vendeur de hot dogs.

Tout est enfoui sous une épaisse couche de poussière déposée par les camions forestiers, mais on subit cela de bonne grâce : sans les camions pas de route, sans route pas de bleuets, sans bleuet pas d'argent. Aux premières lueurs du jour les ramasseurs de bleuets s'en vont vers leurs talles secrètes (une talle est un endroit plein de bleuets, une information que chacun garde précieusement pour soi). On part muni d'un peigne, sorte de patte d'ours filtrant les gros bleuets des petits et munie d'un petit réservoir pour les recueilir. Dans l'autre main on tient une sorte de gros panier en fibre de verre, et de temps à autre on va vider le panier dans un des cageots mis à disposition par l'acheteur.

C'est un travail rude pour le dos et les mains, mais agréable encore tant que le soleil ne se fait pas trop agressif. L'après-midi est difficilement soutenable. Mais pour beaucoup, le pire est encore la présence de tous les insectes, de la nuée de moucherons aux taons vrombissants en passant par toutes les sortes de bestioles ailées susceptibles d'aspirer le sang ou d'arracher un morceau de chair. Et aucune étoffe, aucune crème ne protège complètement. Mais à condition d'y mettre un peu de bonne volonté, on peut oublier la présence des insectes et profiter des odeurs de la prairie, des vagues infinies de vertes forêts qui se perdent à l'horizon, des oiseaux curieux qui viennent un moment nous tenir compagnie.

Puis la journée finie on rentre au camp, on fait peser les caisses de bleuets, la paie est maigre cette année et les prix sont trop bas. Jusque dans le bois la mondialisation fait sentir ses effets : la concurrence des bleuets d'Argentine a fait chuter les cours, et la crise a mis bien des travailleurs au chômage, ils n'ont pas le choix de venir tout de même gagner ce qu'ils peuvent ici.

Alors on fait avec ce que l'on a, tout le monde se baigne dans la petite rivière, au soleil, les enfants courent et les adultes rient. Il y a toujours le plaisir d'être ensemble, heureux loin des problèmes et de l'agitation du monde, du moins jusqu'au retour.

vendredi 14 août 2009

la piste vers nulle part


Le bois commence ou finit la civilisation, et par-delà le bois il n'y a rien, que la toundra nordique et finalement la mer gelée encore plus près du pôle.

Au-delà de Saint-Félicien, il y a encore La Doré, un village, puis 250 km plus loin sur la route, Chibougamau. La route ne va pas plus au Nord.

À La Doré, en prenant sur la gauche à l'église, la route se transforme en piste au bout de quelques centaines de mètres, une piste de sable et de gravier, poussiéreuse. Le voyageur dépasse les sablières, une unité de transformation électrique, vaste champs de pylones câblés, puis plus rien que la piste. De chaque côté, la forêt, parfois un lac derrière son rideau d'arbres, des collines, un camion qui soulève la poussière et aveugle un moment. De temps à autre une piste plus petite se détache vers un chalet, une pourvoirie ou une zone de coupe forestière.

La piste n'en finit plus, le temps ralentit et finit par disparaitre, les camions se succèdent. Plus d'objectif, plus d'autre souci que de rouler encore en surveillant les nuages de poussière annonciateurs des autres véhicules, la chaleur immobile, le présent infini.

mardi 11 août 2009

à la recherche des bleuets


Le bleuet dans la région du Lac Saint-Jean est plus qu'un fruit, c'est une richesse, une identité, presque un concept.
D'abord, rien à voir avec la myrtille européenne, quoi que puissent en dire tous les biologistes, évident puisque la myrtille, elle, n'est rien qu'un vulgaire fruit. Ici, le bleuet devient sauvage ou cultivé, son goût varie en finesse, en sucre, en acidité. À la réflexion, on ne pourrait le comparer qu'au vin !


De plus, chaque natif du lac naît bleuet, c'est un ensemble de valeurs, de mode de vie, c'est un accent, c'est une culture pour tout dire.
Et le bleuet n'est pas sectaire : un immigrant qui s'assimile devient lui aussi un bleuet.


Il faut dire que le bleuet est chargé d'histoire, une de ces histoires riches en drame humain, en héroïsme et en tragédie : le bleuet est l'or bleu né des ravages d'un terrible incendie en 1870. Sur les cendres désolées s'est mis à pousser en grandes quantités le bleuet, et ce miracle de la nature a offert une consolation à la région, en même temps que renommée et développement économique.

Alors chaque été des hordes de cueilleurs envahissent collines et forêts, paniers à la main - ou même matériel spécialisé - à la recherche du petit fruit savoureux, pour le consommer ou le revendre.

En espérant ne pas croiser l'ours sur ses terres ...

lundi 10 août 2009

petit lac, petit paradis


Le paradis sur terre est au Québec.
Plus précisément, dans le Saguenay, au bord du Petit Lac Saint Germains.

Un joli chalet au bord de l'eau, un écrin de verdure, les pelouses et les jardins autour des chalets, des arbres et la forêt partout ailleurs. Et le lac, plutôt grand, impassible sous la pluie et le vent, fidèle reflet toujours de ce qui se passe au-delà de ses eaux. Chaque maison dispose de sa petite annexe, garage ou autre, et bien sûr d'une remise à bateau, ou les embarcations passent la belle saison la coque au frais, et la saison froide suspendues entre les poutres par des poulies. Ces hangars sont des greniers à trésors pour qui aime s'aventurer sur l'eau, remplis de barques, planches à voile, bateaux à moteur, kayaks, pédalos, des armoires de gilets de sauvetage, et bien sûr l'indispensable frigo pour tenir bien au froid les nécessaires réserves de bières.


Dans le confort du chalet tout est prévu pour tenir un siège ou une période prolongée de pluie, des jeux de société aux étagères de livres, de dvds, et l'on passe des heures à regarder le ciel se vider, tranquillement à l'abri dans la tourelle panoramique, s'apercevant à peine des trombes d'eau qui viennent remplir le lac.

Au petit matin, des nappes de brouillard sont accrochées aux collines, et le lac est immobile, retenant la moindre esquisse de vague de venir troubler le parfait miroir.
Sur son banc de sable un hydravion jaune est échoué comme un albatros sur terre. Tout est figé, comme une image de livre d'aventurier du Nouveau Monde.


Sur la pelouse, lorsque le soleil est de sortie, une couleuvre rayée aux élégantes rayures jaunes sur le cou se prélasse enroulée sur elle-même. Un colibri brun fend les airs de son vrombissement si caractéristique.

Sortir tour à tour chaque esquif au grand dam des araignées au pied peu lacustre, éprouver son habileté avec diverses sortes de rames, manquer basculer dans l'eau, rire comme un écho dans le silence, revenir sale et fatigué et heureux pour un repas sans jamais quitter le lac des yeux.

Mais quoi, déjà il faut repartir ? J'aurais cru qu'ici le temps était immobile, et sans prévenir il a filé bien trop vite.

Mais certainement, il y aura d'autres lacs, d'autres rivières, d'autres fjords, d'autres fleuves, à découvrir en souriant.

samedi 8 août 2009

l'appel du chalet


Demain dès l'aube, à l'heure ou blanchit la campagne, je partirai.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Il y a le chalet qui m'attend.

Eh oui le chalet, le fameux chalet. Tout être humain qui se respecte se doit ici de passer un nombre sans doute règlementaire de fins de semaine au chalet.
Le chalet est un concept intéressant de résidence secondaire plus ou moins près de chez soi, plus ou moins confortable, plus ou moins grand. Bien entendu, par chez moi, un chalet n'est jamais à la montagne (puisqu'il n'y a pas de montagne), sauf à chercher les hauteurs des monts Valins.
Cela va de la cabane dotée d'une seule pièce au milieu de nulle part au luxueux 6 pièces avec sa plage privée et son ponton pour le yacht au bord du lac à 10 kilomètres de la ville.

On y va en famille, entre amis, tout seul quand les enfants sont grands et que le conjoint préfère rester à la maison. On y va pour ne rien faire, pour profiter de la nature, pour réunir un groupe de personnes ...

Et demain, direction donc le chalet du père de mon amie de Saint-Félicien. Il se trouve quelque part du côté de Sainte-Rose du Nord, un nom charmeur pour un village ravissant au bord du fjord, presque à mi chemin entre Jonquière et Tadoussac sur le Saint-Laurent.

Dire que j'attends ces deux journées avec impatience est une grave sous-estimation. Je bondis (presque) littéralement de joie par anticipation.

Oh ! On dirait que j'ai attrapé le virus du chalet ...

vendredi 7 août 2009

Une seule vie, tellement d'envies


Parfois, même le soleil incite à cuisiner.

En fait c'est simple, il fait beau, pas trop chaud, il arrête de pleuvoir, allez hop au bord de la rivière, retour sur mon gentil sentier. C'est qu'un élevage de girolles, ça se surveille tout de même. Je montre un peu plus de prévoyance cette fois-ci, un sac de toile, un petit couteau et plusieurs grandes boites. Par chance, j'arrive en premier sur les lieux : au moment de repartir le parking sera plein. Autant commencer par les framboises, qui ont survécu à la cueillette grâce à la pluie des derniers jours - eh oui, même le mauvais temps a ses avantages, en l'occurence il laisse mûrir les fruits tranquillement.


Une fois la boite à demi remplie (un bon kilo je pense) de fruits mûrs à souhait, je passe aux champignons, qui sont là ou je les avais laissés, attendant sagement mon retour. Je cherche un moment dans le sous-bois, mais je ne trouve pas d'autre endroit magique. Quelques spécimens isolés tout au plus, et la marque du couteau d'un concurrent - certainement un(e) autre français(e). Un joli petit cèpe également, mais impossible de l'identifier avec certitude, pas de chance.

Le ramassage des champignons effectué, un petit coup d'oeil sur les framboises m'informe qu'elles ne vont sans doute pas survivre jusqu'au réfrigérateur. N'écoutant que mon courage, je m'installe sur un rocher au bord de l'eau et les dévore jusqu'à la dernière. Il reste encore le chemin du retour pour reremplir la boite ...

Sur le sentier, qui s'est quasiment transformé en autoroute, je croise des familles de pêcheurs, de vieux couples amoureux, des cueilleurs de framboises qui par malchance passent après moi, et même un chercheur de bleuets assez dépité de ne rien trouver : la saison est un peu en retard.
Un couple rieur me montre fièrement une petite récolte de noisettes encore vertes qu'ils vont laisser mûrir dans la cuisine. Idée à suivre !

Mais tout cela m'a donné faim, et sous le regard du magnifique chaton du voisin qui a investi mon appartement, je prépare les framboises, pour moitié en vinaigre arômatisé, pour moitié en conserves à l'ancienne (merci Tante Marie et ses bonnes recettes). J'attaque ensuite le quatre quart promis pour le week-end de filles qui s'annonce. Alors seulement il est temps de préparer les pommes de terre sautées aux girolles : simple et délicieux !

Quand le voisin revient chercher son chat, il me remercie de l'avoir gardée par un pot de sauce tomate maison ... Je sens que l'on va bien s'entendre, de truite (délicieuse et tellement belle) en gateau en sauce tomate - voici ce que j'appelle des relations de bon voisinage.


Et la préparation du sirop pour les conserves m'a donné une forte envie d'essayer les recettes de bonbons et autres friandises de mon vieux grimoire.

mardi 4 août 2009

pas de concert sous la pluie

Le Festival des rythmes du monde à Chicoutimi, c'est dix jours de concerts gratuits, c'est la légendaire rue Racine - eh bien oui, le Saguenay avec son histoire d'ancien Royaume, si obscure soit-elle, peut bien avoir ses légendes il me semble, ou sinon, créons-les - et bien sûr le port sur le fjord.

La rue Racine, avec ses commerces sympathiques à l'européenne, bordée de quelques hauts immeubles, se transforme alors en salle de spectacle en plein air, une scène disposée à chacune de ses extrémités, le tournant en son milieu empêchant les sons de se télescoper. Entre les deux concerts une succession de stands de produits du monde, un peu alternatifs comme souvent, les inévitables buvettes, et un joyeux brouhaha de tous les âges.

Sur la promenade du port, d'autres stands forment un petit village, les jeux d'eau attirent les rires des enfants, la petite ferme reçoit son lot de visites émerveillées, et le fjord surveille toutes ces activités, impassible, sans jamais s'arrêter en cette saison. Le trampoline géant attend le chaland, une jeune fille y travaille, qui est revenue d'Afrique il y a quelques mois à peine.
Tout à côté cette jolie femme africaine était à Ouagadougou également lors du Fespaco, le festival de cinéma de l'Ouest africain. Des retrouvailles, l'émotion à demi mots de se revoir, ici, là-bas.

Le monde est à la fois si grand pour une seule vie et si petit quand on parvient à y retrouver quelqu'un qui vient de loin !

Et le concert ce soir devrait avoir lieu au port, malgré la pluie, malgré le tonnerre et les éclairs illuminant comme en plein jour, l'espace de quelques instants, les visages et les parapluies. Devant la scène peuplée de pupitres abandonnés et de chaises vacantes, le public, assis obstinément sur les sièges en plastiques, absorbant les gouttes l'une après l'autre, attendant les premières notes. Il y a foule. Pour une musique d'orchestre, celle du Cirque du Soleil. Qui dira que le public est mort, après cela, que les gens ne savent plus vivre que devant leur poste de télévision ? Ici en cet instant, la preuve qu'en dehors de toute relation d'argent, en dehors de tout confort, la culture a sa place.

Mais le plus drôle c'est, en s'informant, d'apprendre qu'en raison de l'orage les instruments ou le système de son ne pouvait pas fonctionner. Fou rire donc en se demandant ce que tous ces gens attendaient sous la pluie, car l'orage semblait parti pour durer, et de fait il a résonné toute la nuit, innondant les rues et les ruisseaux ...

Peut-être qu'être ensemble, sous la pluie battante, une buvette ouverte non loin, est un concept de festivité encore mal exploré, après tout !

lundi 3 août 2009

les surfeurs de canapé sont de retour

Tous les ans vers la même période le Québec connait une petite invasion d'humains un peu spéciaux, qui voyagent en sautant d'un canapé à un autre (ou presque). Ce sont les ¨couch surfers¨, qui viennent pour une ou deux nuit dormir chez vous. Enfin chez moi.
J'en ai reçu quatre en 2008, et 2009 promet également d'être une belle année. Disons que le retour sur investissement est très avantageux, à mon avis. En effet, je ne crois pas que cela use beaucoup mon affreux canapé à roulettes brun jaunâtre très confortable, et en contrepartie je rencontre des voyageurs avec leur lot d'histoires et d'expériences, qui me font passer une soirée hors norme assez agréable (une exception unique au passif de mes comptes), voire plus si affinités.

Mais noooon je ne parle pas de sexe. Voyons ! Mais je garde en mémoire avec un grand sourire l'expédition camping au parc de la Pointe Taillon avec deux surfeur / surfeuse, les cris d'effroi (oh ça va, ça peut arriver à tout le monde de confondre un castor avec un boa constrictor, de nuit) et les éclats de rire, les bons repas au feu de bois ...

Et cette année un parcours d'arbre en arbre au bord du fjord, dans le magnifique parc de Cap Jaseux. Bien sûr nous avons opté pour le parcours extrême, le parcours familial paraissant trop ... facile peut-être ?
Monumentale erreur, car le parcours extrême est véritablement extrême, il faut sauter dans les airs, courir sur des troncs tournants, survivre à de nombreux pièges ... rien de facile mais de nombreuses occasions de hurler, rire, et même ronchonner sur l'esprit tordu des concepteurs de certains jeux particulièrement vicieux. Un vrai bonheur.


- je dois ici insérer un correctif à la demande du syndicat représentant l'ensemble des muscles de mon corps, qui tient à exprimer sa plus vive protestation quant à un possible caractère ludique de cette expérience, ainsi que sa désapprobation totale par rapport à l'existence de tels loisirs, et réclame l'intervention du gouvernement pour la disparition de toute violence physique exercée à l'encontre de tout muscle non consentant -

Et tout ceci, sur une idée de surfeuse de canapé.

Inutile de préciser que j'attends le prochain avec une certaine impatience !

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