dimanche 27 septembre 2009

Teddy Bear


Il pleut sur l'autoroute, la nuit tombe et les nuages viennent se poser sur les lacs et les forêts. Tout a pris une de ces teintes sortie d'un vieil album photo, la magie s'est emparée de la route désolée. La voiture est sur auto pilote, j'ai le regard qui balaie machinalement les bords de route à l'affut de l'orignal redouté.

Depuis Québec et plus d'un an, l'autoroute est en travaux de dédoublement. Par endroits un cordon d'asphalte tout nouveau longe les voitures. Un peu de musique pour sortir un peu plus parfaitement de la réalité du monde et se perdre dans la distance.

Puis tout à coup il est là, sur la nouvelle portion de route, une masse sombre et perplexe, qui regarde passer le flux d'automobiles comme d'autres les trains. Un ours noir, pas un adulte, un jeune sans doute juste séparé de sa mère.

Dans le crépuscule c'est comme un ourson en peluche posé là par un enfant géant.
Étrange apparition.

dimanche 20 septembre 2009

plage de fièvre


Les pieds dans le sable, les yeux dans l'eau, l'été qui s'achève ... c'est trop beau !
D'accord c'est une vilaine parodie de Roch Voisine, mais à ma décharge je dois dire que la plage de la Pointe Taillon est si belle, douce et sauvage la fois, que la musique vient toute seule accompagner la perfection du moment.

Le sable est coloré par bandes, les vagues portées par un vent chaud viennent rythmer la journée ensoleillée. Ici et là des traces d'animaux viennent écrire des messages inconnus sur le sol, se croisent et s'entrelacent dans des danses sans danseurs. Les eaux du lac ont porté et façonné des bouts de bois en sculptures douces et torturées. Le temps s'arrête.

Plus tard le sentier dans le bois, traces du passage des castors sur la piste, troncs grignotés, copeaux sur le sol et terres inondées. Quelque part se cachent les orignaux, plus loin, dans la forêt sombre. Ailleurs une tourbière farouche dissimule les canneberges exquises dans les mousses, entre deux plans de thé du labrador, savoureux comme un bonbon de résine.

La Pointe Taillon, une terre abandonnée regret par ses habitants, un délice pour les promeneurs, une réserve précieuse d'odeurs et de calme.

Québec, toujours.

samedi 19 septembre 2009

amoureuse d'un ... phoque


Oui oui je sais ça fait un peu cliché ... le phoque avec ses yeux de velours charmant la fille au bord de l'eau ... mais ... mais ... mais il était tellement mignon à me regarder avec sa jolie petite tête hors de l'eau, immobile et enjôleur.

Donc voilà, sans vouloir me prendre pour Brigitte Bardot (quoique bien sûr je ne dirais pas non), j'ai succombé au charme d'un mammifère marin à sang chaud.

Et renouvelé mon attachement pour le Québec : une visite à Tadoussac et la magie opère comme aux premiers jours des festivals incessants. Et au passage un très chaude recommandation pour le musée des baleines, pour prolonger l'enchantement.

jeudi 17 septembre 2009

Boréalie


Pas besoin d'excuse pour aller au zoo boréal, c'est toujours un plaisir.
Évidemment, y accompagner des visiteurs dont c'est la première visite est encore plus agréable.
En automne quand le flux des touristes est un peu ralenti, on peut encore mieux parcourir les allées, rire de joie en observant les loutres, frémir à la vue des griffes des grizzly, adorer les pumas gracieux et admirer le carcajou.
Autour des macaques faire des bonds sur les ponts balançants, deux gestes d'escalade, quelques sauts ...
Le petit train des sentiers de la nature, qui serpente entre les bisons, les ours noirs, les chiens de prairie et autres caribous se vit comme un rêve éveillé.
L'odeur de la rivière blanche de remous, le nez dans le vent. Les cris outragés des petits suisses, ces écureuils rayés tellement territoriaux qu'une grande partie de leur temps se passe à poursuivre de leurs imprécations les impudents outrepasseurs.
Le soleil sur la peau, la douceur de l'été finissant indien déjà ...

dimanche 6 septembre 2009

premiers vols


En revenant du lac, il y a toujours cette traversée de Roberval qui est un peu pénible. Mais parfois, un petit quelque chose vient adoucir la route.
Dimanche soir, un peu avant la tombée de la nuit, un vol de canards sauvages. Ils étaient 12, marron tendre, le bec en avant, en formation en V, à traverser mon ciel. Vers quels champs accueillants, quel Sud moins glacé ?

Officiellement, l'automne est arrivé, et bientôt les plans d'eau vont se couvrir du duvet blanc des oies sauvages. Tous ces migrateurs bruyants vont envahir les champs pour se gaver d'herbes et de céréales. Souvent je vais regarder vers le haut au son de leurs encouragements camarades et m'envoler en pensée un instant avec eux.

Puis rester là tout une demi-année à attendre leur retour, confortablement blottie dans le confort hivernal du Nord. A guetter les premiers cris, à me souvenir des nuées blanches.

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